Formation obligatoire à la sécurité : ce qui change avec le nouvel Accord État-Régions italien

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La formation à la sécurité n'est pas une faveur de l'entreprise : c'est une obligation légale. L'article 37 du D.Lgs 81/08 italien impose à l'employeur d'assurer à chaque travailleur une formation suffisante et adaptée, et les contenus et durées sont définis par les Accords État-Régions. En 2025, ce dispositif a été profondément révisé : il vaut la peine de comprendre ce qui change.

Le dispositif que nous connaissons déjà

Depuis des années, la formation des travailleurs se compose d'une partie générale et d'une partie spécifique, cette dernière proportionnée au niveau de risque de l'activité (faible, moyen, élevé). S'y ajoutent la formation de rôles particuliers — comme le responsable du service de prévention (RSPP), l'encadrant de proximité, les équipiers incendie et secouristes — et le recyclage périodique, quinquennal pour les travailleurs. Un principe reste au cœur de tout : la formation n'est pas un événement ponctuel mais un processus, comme nous le racontons à propos de la formation continue.

La nouveauté du nouvel Accord (17 avril 2025)

Le nouvel Accord État-Régions, sanctionné le 17 avril 2025, réorganise tout le système en un texte unique et introduit une nouveauté historique : la formation obligatoire de l'employeur. Jusqu'ici l'employeur n'avait pas d'obligation générale de formation (sauf lorsqu'il assurait directement les tâches de prévention). Avec le nouvel Accord, il devra suivre un cours de base d'au moins 16 heures, articulé en un module juridico-normatif et un module consacré à l'organisation et la gestion de la sécurité.

Autres points marquants :

  • Recyclage de l'employeur prévu tous les cinq ans, d'une durée minimale de 6 heures.
  • Possibilité de dispenser le cours en présentiel, en visioconférence ou en e-learning, selon les conditions fixées.
  • Pour les employeurs opérant sur des chantiers temporaires ou mobiles, un module supplémentaire sur les risques spécifiques du chantier est prévu.

Les dates à retenir

L'Accord prévoit une période transitoire : jusqu'au 24 mai 2026, il est possible de continuer à dispenser les cours selon les règles précédentes, tandis qu'à plein régime les nouvelles dispositions deviennent la référence. Les employeurs tenus au nouveau cours devront l'achever dans les délais fixés par l'Accord. Le cadre d'application pouvant être précisé par des circulaires et des pratiques régionales, il convient toujours de vérifier les échéances applicables à votre cas avec votre conseil ou votre organisme de formation.

Que faire concrètement

Pour une entreprise, la façon la plus sensée d'aborder le changement est de dresser une cartographie : qui est déjà formé, avec quelles attestations, quand expirent les recyclages, et qui — à commencer par l'employeur — devra se former de zéro. On bâtit ainsi un plan pluriannuel qui évite à la fois les échéances oubliées et les courses de dernière minute.

C'est aussi l'occasion de repenser la qualité, et pas seulement la quantité, de la formation. Un cours conforme aux obligations mais vécu comme une formalité laisse peu ; un parcours utilisant des méthodes engageantes — de l'expérience pratique à la formation gamifiée des nouveaux — transforme ces mêmes heures obligatoires en compétence réelle.

En résumé

Le nouvel Accord État-Régions n'est pas qu'une mise à jour de durées : il déplace aussi la responsabilité de formation au sommet de l'organisation, en demandant à l'employeur de s'asseoir sur les bancs. C'est un signal culturel important : la sécurité se dirige mieux quand ceux qui décident connaissent vraiment ce qu'ils demandent. Vérifier les échéances et planifier à temps est la meilleure façon de transformer une obligation en avantage.

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